Depuis le 1er avril 2026, Malige a repris la Manufacture de balais Bergegère, maison fondée en 1869 à La Réole, en Gironde. Bergegère est son nom historique : la reprise s’est faite sous celui de Manufacture de balais, et c’est ainsi que nous la désignons dans la suite de cet article. La reprise porte sur le fonds de commerce et sur l’outil de production. Depuis le 1er juin 2026, le négoce et la fabrication sont regroupés à Montlaur, en Aveyron, dans les ateliers Malige.
Derrière ces deux dates, il y a plus de 150 ans d’histoire, celle du balai de sorgho, et un savoir-faire que très peu d’ateliers pratiquent encore en France. Il y a aussi une logique de métier : Malige est brossier depuis 1976, et le balai fait partie de son activité d’origine.
D’où vient la manufacture, comment naît un balai de sorgho, pourquoi cette reprise et ce qu’elle change pour les revendeurs : on vous raconte tout.

La reprise en 4 chiffres
1869
La manufacture naît à La Réole, en Gironde
5 000
balais par semaine sortaient des ateliers en 1950
10
points d’arrêt cousus sur chaque balai
2026
Malige reprend la maison et la production
Sommaire
La Manufacture de balais Bergegère, née en 1869 à La Réole
L’histoire commence au bord de la Garonne. En 1869, Jean Ferrand fait construire à La Réole un entrepôt commercial et une fabrique de balais. Quarante ouvriers y travaillent, tous habitants de la commune. Le site est agrandi dès 1890. Ces éléments figurent dans la notice que l’Inventaire général du patrimoine culturel a consacrée à l’usine.

Une plaine, une plante, un métier
À l’époque, la matière première pousse sur place. Le sorgho à balais est cultivé dans la plaine de la Garonne, récolté à la main à la mi-octobre, puis mis à sécher jusqu’à la mi-décembre. C’est ce que raconte la journaliste Colette Lièvre dans « L’Éloge du balai », un reportage publié par Les Cahiers de l’Entre-deux-Mers et conservé dans les archives de la manufacture.
Le métier fait alors vivre tout un pays. La revue évoque quelque 200 fabricants de balais dans le grand Réolais, un CAP de fabricant de balais préparé à Agen entre les deux guerres, et un Sud-Ouest qui pesait un tiers de la production nationale.
L’Armée, la Marine et 5 000 balais par semaine
Les balais de la maison Ferrand, devenue Bergegère, partent par bateaux et par wagons. L’Armée et la Marine comptent parmi les principaux clients. En 1914, la manufacture emploie une centaine de personnes, en majorité des femmes. En 1939, elles sont toujours cent, épaulées par 40 représentants. En 1950, la production atteint 5 000 balais par semaine.
Du sorgho de Garonne au sorgho venu de loin
Peu à peu, le maïs remplace le sorgho dans les champs de la vallée. La manufacture va chercher sa paille plus loin : en Algérie et au Maroc d’abord, puis en Croatie, en Macédoine et en Serbie, enfin en Hongrie. Le geste, lui, reste à La Réole.
La dernière manufacture de balais de Gironde
Dans les années 1980, les balais importés de Yougoslavie prennent les marchés de la grande distribution. Les ateliers girondins ferment les uns après les autres. Bergegère reste seule en activité et élargit son métier : la fabrication de brosses synthétiques d’abord, la brosserie pour les métiers de l’alimentaire ensuite. L’effectif passe de 25 salariés en 1987 à 7 en 1991.
En 2021, la presse locale la décrivait comme le dernier atelier de balais en paille de La Réole et comptait deux à trois fabricants encore actifs en France.

Repères : de La Réole à Montlaur en 9 dates
Comment se fabrique un balai de sorgho
Une précision d’abord, utile en rayon : la « paille de riz » n’a rien à voir avec le riz. Il s’agit de paille de sorgho, parfois appelée aussi millet. Nous détaillons la fibre, les fils et les usages dans notre guide du balai paille de riz. Ici, on s’en tient au geste, tel que le décrivent l’Inventaire du patrimoine et le reportage des Cahiers de l’Entre-deux-Mers.
01
Le tri
La paille est triée selon la longueur des brins. Les courts iront au cœur du balai, les longs en couverture.
02
Le soufrage
La paille passe dans des fours à soufrer. Cette étape traditionnelle assure sa conservation et son éclaircissement.
03
Le montage
Les épaules sont montées sur des culots de paille, puis recouvertes de pailles longues ligaturées. La tête prend forme à la main.
04
La couture
Les pailles longues sont cousues en 10 points d’arrêt. Le balai est ensuite peigné, puis étiqueté.
Côté manche, les sources décrivent un pin maritime droit de fil, usiné au tour puis terminé à la ponceuse. Droit de fil, cela veut dire que les fibres du bois suivent la longueur du manche, ce qui limite la casse. À l’époque du reportage, quatre personnes fabriquaient ainsi 150 balais par jour, soit 35 000 à 40 000 pièces par an.
Petit lexique de l’atelier
Le balai de sorgho a son vocabulaire. Quelques mots à connaître, relevés dans les sources :
| Le mot | Ce qu’il désigne |
|---|---|
| Camasse | La tige centrale du sorgho, utilisée autrefois dans le balai. |
| Canisse | Le roseau de Camargue, qui a remplacé la camasse. |
| Vime | L’osier, employé comme lien. |
| Mailloche | Le corps du balai, façonné à la main par les monteuses et les couvreuses avant la couture. |
| Points d’arrêt | Les points de couture qui tiennent la paille : dix par balai. |
| Charlemagne | Le nom que la maison donnait à son balai le plus noble. |
Pourquoi Malige reprend la Manufacture de balais

Un métier d’origine, pas un nouveau métier
Malige est brossier français depuis 1976. Son activité d’origine, c’est la fabrication et le négoce de balais, de brosses et de pinceaux. Reprendre une manufacture de balais revient donc à prolonger ce que l’atelier sait déjà faire, avec un produit de plus à sa main.
Le fonds de commerce et l’outil de production
La reprise, signée le 1er avril 2026, comprend le fonds de commerce et l’outil de production. Deux mois plus tard, le 1er juin 2026, tout est réuni à Montlaur : le négoce comme la fabrication.
Le site s’y prête. Malige s’est installé en novembre 2024 dans un bâtiment neuf à Montlaur, proche de la nationale, pensé pour regrouper les activités et faciliter les expéditions vers les revendeurs.
Garder le balai de sorgho en France
Les fabricants français de balais de sorgho se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main. Avec cette reprise, Malige devient l’un des derniers d’entre eux. Le geste né à La Réole il y a plus de 150 ans se poursuit désormais en Aveyron, dans un atelier dont la brosserie est le métier.
Ce que la reprise change pour les revendeurs
Pour un distributeur, une quincaillerie professionnelle ou un grossiste, la reprise de la Manufacture de balais apporte deux choses concrètes.
Un balai de sorgho fabriqué en Aveyron
Le balai de sorgho est désormais fabriqué à Montlaur. Pour un rayon, c’est une origine claire, sur un produit que très peu d’ateliers français fabriquent encore. À découvrir aux côtés de notre gamme de balais professionnels.
Une seule adresse
Négoce et production sont réunis à Montlaur. Pour connaître les références disponibles et les conditions, le plus simple est de nous contacter : notre équipe vous répond directement.
Le conseil Malige : en rayon, présentez le balai de sorgho avec son histoire. Une manufacture née en 1869, une tête cousue en dix points d’arrêt, une fabrication en Aveyron : ce sont des repères que le client final retient et qui distinguent ce balai d’un produit d’importation.
Deux métiers, une même maison
Malige continue de s’adresser aux revendeurs de matériel de peinture et de brosserie professionnelle. La Manufacture de balais apporte son savoir-faire du balai de sorgho. Son activité s’intègre progressivement à celle de Malige, à la même adresse, pour ne former à terme qu’une seule maison.
| Malige | Manufacture de balais | |
|---|---|---|
| Origine | Aveyron, brossier depuis 1976 | La Réole (Gironde), maison fondée en 1869 |
| Métier | Fabrication et négoce de pinceaux, rouleaux, balais et brosses | Balai de sorgho, négoce de brosserie alimentaire |
| Adresse | Montlaur, Aveyron | Montlaur, Aveyron, depuis le 1er juin 2026 |
Questions fréquentes sur la reprise de la Manufacture de balais
Qui a repris la Manufacture de balais de La Réole ?
Malige, brossier français installé à Montlaur, en Aveyron, a repris la manufacture fondée à La Réole et longtemps connue sous le nom de Bergegère. La signature a eu lieu le 1er avril 2026. La reprise comprend le fonds de commerce et l’outil de production.
Où est fabriqué le balai de sorgho aujourd’hui ?
À Montlaur, en Aveyron, dans les ateliers Malige. Le négoce et la production y sont regroupés depuis le 1er juin 2026. La manufacture était auparavant installée à La Réole, en Gironde.
Depuis quand existe la Manufacture de balais ?
Depuis 1869. La fabrique a été créée à La Réole par Jean Ferrand, avant de prendre le nom de Bergegère. L’Inventaire général du patrimoine culturel lui a consacré une notice.
Quelle différence entre un balai de sorgho et un balai paille de riz ?
Aucune : c’est le même balai. « Paille de riz » est un nom d’usage. La fibre vient du sorgho à balais, pas du riz.
Reste-t-il des fabricants de balais de sorgho en France ?
Très peu. En 2021, la presse locale en comptait deux à trois. Avec cette reprise, Malige est l’un des derniers fabricants français de ce balai.
Que devient le nom Bergegère ?
Il reste attaché à l’histoire de la maison. La reprise s’est faite sous le nom de Manufacture de balais, et l’activité s’intègre progressivement à Malige, à Montlaur.
Sources : notice IA00136014 de l’Inventaire général du patrimoine culturel (base Mérimée, ministère de la Culture) ; Colette Lièvre, « L’Éloge du balai », Les Cahiers de l’Entre-deux-Mers, rubrique « Les Gens d’ici » ; Le Républicain Sud-Gironde, 21 janvier 2021 ; archives de la Manufacture de balais Bergegère.
Parlons du balai de sorgho
Références, disponibilités, conditions de distribution : notre équipe commerciale répond aux revendeurs, aux quincailleries professionnelles et aux centrales d’achat. Un appel suffit pour faire le point.
Malige – Tél. : 05 65 97 61 29 – contact@malige.net




